​Actions syndicales


Distorsions de concurrence :
n'importons pas l'agriculture que nous ne voulons pas !
10-13 juin 2018

Suite à un mot d’ordre national, la FDSEA et les JA 31 se sont mobilisés pour protester contre les « importations distorsives » et le double discours du gouvernement.

Nous étions près d’une cinquantaine d’agriculteurs à bloquer le site de dépôts de carburants de Lespinasse. Durant 3 jours, les départements de la région d’Occitanie ont effectué un roulement d’équipe afin de maintenir des troupes et de continuer l’action syndicale.
Notre blocage, dans un esprit de convivialité et de partage, a permis de sensibiliser les consommateurs face aux incohérences du gouvernement autour du slogan : « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas dans nos assiettes ». En effet, comment le gouvernement peut imposer à la fois davantage de règlementations environnementales, sociétales et économiques aux agriculteurs français et de l’autre côté, autoriser l’importation de produits sur le sol national ne respectant pas nos normes ?

Cette mobilisation régionale et nationale a permis d’obtenir certaines avancées auprès du Ministre de l’Agriculture et d’instaurer un rapport de force plus favorable aux agriculteurs. Pour exemple, le Corena (Comité de rénovation des normes) va reprendre ses travaux permettant d’instaurer des études d’impact technico-économique avant tout projet de nouvelle norme. A l’inverse, concernant le travail saisonnier, le Ministre n’a pas eu les arbitrages budgétaires.

Au vu des avancées sur nos revendications, nous avons décidé de lever le blocage mercredi 13 juin, sur ordre national. L’objectif était de ne pas bloquer des consommateurs qui ont rejoint notre combat.
Nous veillerons cependant de très près à la bonne application des mesures annoncées par le Ministre. Nous ne lâcherons pas le gouvernement sur le caractère vital des enjeux que nous portons et nous envisagerons de nouvelles actions si besoin. Notre message est le bon. La bataille n’est pas terminée.


Zones défavorisées : succession d'actions en Haute-Garonne
Janvier/février 2018

Suite à la manifestation régionale à Montauban le 24 janvier dernier regroupant près de 1.200 agriculteurs, la délégation des représentants professionnels avait eu des signaux encourageants. Cependant, lors de la réunion nationale sur la révision des zones défavorisées du 26 janvier 2018 à Paris, aucune carte n’avait été publiée et nous n’avions pas compris pourquoi les critères proposés en Occitanie n’avaient pas été présentés.

C’est pourquoi, de multiples actions ont été menées sur l’Occitanie pour maintenir la pression auprès du ministère : blocage à Auch, Montauban, sur l’A61 dans l’Aude, mise en place de croix sur un rond-point dans le Tarn. En Haute-Garonne, une manifestation départementale s’est déroulée sur la journée du 31 janvier.
Dès 6h30 du matin, près de 150 tracteurs, venus des quatre coins du département, ont rallié le périphérique toulousain pour mettre en place une opération escargot. Cette action a duré toute la matinée. Quelques pauses cassecroûtes ont été faites sur le périphérique laissant les voitures circuler sur une voie. Les convois de tracteurs sont ensuite repartis en direction de la Préfecture. Des déversements de fumiers ont été opérés devant les bâtiments de la DDT, ainsi que devant l’Agence de services et de paiements de Balma. Vers 15h, les agriculteurs sont arrivés devant la Préfecture, et en ont profité pour continuer à déverser du fumier. À 16h, une délégation de responsables FDSEA31 et JA31 a été reçue à la préfecture afin d’expliquer nos revendications au préfet Pascal Mailhos. À l’issue de l’entretie, la délégation annonçait que le préfet lui avait promis un rendez-vous au ministère le vendredi 2 février à 11h avec des professionnels d’Occitanie (dont Yvon Parayre pour notre département. Christian Mazas, président de la FDSEA31 ajoutait : « On peut avoir le sentiment d’une mission non accomplie et être frustré mais on ne peut pas tout gagner d’un seul coup. Ne partez pas l’air insatisfait. On a mis un pied l’un devant l’autre ».

Tous les tracteurs ont alors rejoint le périphérique pour faire un point sur la manifestation et attendre le communiqué de presse. Enfin, tard dans la nuit, les barrages ont été levés. Vendredi 2 février au matin, la délégation Occitanie s’est donc rendue à Paris. Après une phase de négociation très compliquée, les délégués sont parvenus à ce que l’État retienne le critère Paysager (parcellaire morcelé et présence de haies) qui permet de réintégrer une grande partie des zones exclues d’Occitanie. Cependant, aucune carte n’a été présentée. C’est pourquoi, une nouvelle réunion a été programmée mercredi 7 février.
Afin de maintenir la pression sur le ministère jusqu’à cette date, plusieurs actions se sont donc déroulées sur l’Occitanie et notamment sur la Haute-Garonne.
Dès dimanche soir, l’A64 a été bloquée dans le sud du département. Du Comminges jusqu’au Volvestre, dépôts de fumier et accrochage de banderoles avec des messages percutants étaient de rigueur. On pouvait par exemple lire par endroits : « Steph’, ne nous la met pas en Travert ».
Lundi, ce sont les cantons du Nord-Est toulousain, avec le soutien des agriculteurs du Tarn qui se sont mobilisés sur l’A68. Trois points de blocage ont été mis en place : Verfeil, Garidech et Gragnague. Tout au long de la journée, un barrage filtrant a été mis en place et les automobilistes n’ont pas pu accéder à l’autoroute. Autre mode d’action, lundi après-midi, des agriculteurs ont rencontré Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministère de la Cohésion des territoires pour lui expliquer notre désarroi.

Ensuite, dans la nuit de lundi à mardi, ce sont les agriculteurs du Nord-Ouest toulousain qui se sont mobilisés en masse pour bloquer le convoi de l’Airbus A380. Cette action avait une portée symbolique : beaucoup de gens pensent que l’agriculture n’a pas d’avenir en Occitanie à cause de l’ampleur de plus en plus importante que prend l’aéronautique. Ce blocage, ainsi que le passage par l’aéroport de Toulouse-Blagnac qui a suivi, cherchaient donc à montrer que les agriculteurs étaient bel et bien toujours présents, et prêts à se défendre. Le jour suivant, ce sont principalement les agriculteurs de la Vallée de la Lèze qui ont agi au niveau de l’A64, entre Capens et Muret. Toute la journée, la circulation a été déviée.
Le mercredi 7 février, jour de la réunion nationale, a été le point d’orgue : plusieurs actions ont eu lieu dans la matinée. Des blocages ont été mis en place à Naurouze, Avignonet-Lauragais, Villefranche-de-Lauragais et Nailloux. L’A61 a ainsi été fermée dans ce secteur là, tout comme une partie de l’A66. En parallèle, un gros blocage a eu lieu vers Pins-Justaret. À partir de 14h, plusieurs convois de tracteurs composés d’agriculteurs de Haute-Garonne, Ariège, Gers et Aude, ont convergé sur le périphérique toulousain (à hauteur de La Cépière et de Gramont). L’objectif était de renforcer la pression sur le ministère et de se tenir prêt si ce dernier ne prenait pas en compte nos revendications. Suite à cette deuxième réunion au ministère mercredi 7 février à 16h, les retours ont été positifs et nos revendications en grande partie entendues. Les agriculteurs restent mobilisés jusqu’à vendredi, date de la présentation officielle de la nouvelle carte ; les barrages ont, quant à eux, été levés le soir même à minuit.


​Nos représentants remercient tous les agriculteurs qui se sont mobilisés et invitent chacun à rester soudé avec les départements voisins, dont certaines communes restent exclues.

Un grand merci également aux organismes qui nous ont soutenus lors de ces actions : Agri Moderne, T3M Lavail, Ets Crouzil, Arterris, Ets Font, les viticulteurs de l’Aude ainsi que Christophe Lavail.

Enfin, nous tenons à remercier les citoyens, qui malgré la gène, ont su se montrer patients et nous ont témoigné de la sympathie !


​Action régionale - Touche pas à ma zone déf' !
24 janvier 2018


Mercredi 24 janvier, la FDSEA et les JA de Haute-Garonne se sont joints à l’appel à mobilisation régionale de la FRSEA et des JA Occitanie, pour dénoncer le projet de carte des zones défavorisées proposé par le ministère de l’Agriculture.

Une révision des cartes défavorable à l’agriculture occitane
« ZAD - Zone Agricole Défavorisée ; Touche pas à ma zone déf’ », tels étaient les slogans de cette journée de mobilisation. En effet, l’Union européenne a demandé en 2016 aux États membres de réformer les critères de définition des zones soumises à contraintes naturelles (ZSCN). L’altitude, le climat, la pente, la faible profondeur des terres… sont des contraintes naturelles qui complexifient les productions agricoles. Ce zonage est important puisqu’il permet aux exploitations agricoles de bénéficier de l’ICHN « Indemnité Compensatoire de Handicap Naturel », soutien financier qui rend l’activité agricole plus vivable dans ces zones difficiles. Le classement en zone défavorisée ouvre également l’accès à des majorations pour les aides à l’installation et à l’investissement.
Le 22 septembre 2016, le ministère de l’Agriculture publiait un projet de zonage qui annonçait l’exclusion de 1.058 communes en Occitanie !
Pour les agriculteurs concernés, c’est un véritable couperet. L’ICHN, par exemple, représente entre 7.000 et 12.000 € par an et par paysan : c’est le salaire de l’éleveur qui disparait ! Se rajoute à cela des aides à l’installation revues à la baisse. C’est un coup d’arrêt pour l’installation ! De plus, ce zonage ne sera plus modifiable pour les 30 années à venir et il servira peut-être de base pour de nouvelles aides avec la PAC 2020 en préparation. Concernant le département de la Haute-Garonne, le dernier projet de carte, paru en décembre 2017, est un choc ! Près de 230 communes haut-garonnaises disparaissent du zonage. En plus de la majorité des communes du Lauragais, ce document exclut également un grand nombre de communes de l'Ouest et du Nord-Toulousain.
Au vu des propositions de zonage inconcevable sur la région d’Occitanie mais également en Haute-Garonne et du dialogue de sourd avec le ministère, plusieurs actions ont été mises en place.

Une rencontre avec les députés et sénateurs du département
Lundi 22 janvier, une rencontre a été organisée par la Chambre d’agriculture de Haute-Garonne pour rencontrer les députés et les sénateurs du département, en présence de la FDSEA 31 et des JA31. Plusieurs élus ont répondu présents : Pierre Médevielle et Claude Raynal, sénateurs, les attachés parlementaires des sénateurs et sénatrices Alain Chatillon, Françoise Laborde et Brigitte Micouleau ainsi que des députés Sébastien Nadot et Sandrine Mörch. Cette réunion avait pour objectif de leur présenter le dossier des zones défavorisées et de leur faire prendre conscience de l’impact du zonage pour les exploitations agricoles sur le département. Un échange positif a ainsi pu émerger, aboutissant à une lettre commune des députés et sénateurs présents. Cette lettre a ensuite été transmise par ces derniers au ministre de l’Agriculture afin de soutenir le dossier haut-garonnais à
l’échelle nationale.

Un blocage de la rocade, suivi d’un cortège dans la ville
En parallèle de ce rendez-vous, une manifestation a eu lieu mercredi 24 janvier à Montauban. Dès 8h du matin, une quarantaine de tracteurs sont partis en convoi jusqu’à Montauban pour rejoindre les points de ralliement. L’objectif était de rejoindre certains ronds-points stratégiques de la rocade de Montauban afin de bloquer la ville. Puis, un cortège de manifestants, accompagné de tracteurs, a débuté à 11h en partance du quai Poult pour arriver à la Préfecture en passant par la DDT.
Ce cortège, fort de plus de 1.500 manifestants issus des FDSEA et JA des départements d’Occitanie, animé par Christian Mazas (secrétaire général de la FRSEA), a déambulé dans les rues. Une bâche avec inscrit « ZAD - Zone agricole défavorisée exclue de nos campagnes : on s’installe en ville » a été affichée devant la préfecture où une délégation a été reçue. Elle se composait de Philippe Jougla (président FRSEA), Dominique Fayel (responsable dossier zones défavorisées à la FNSEA), Vincent Labarthe (vice président des questions agricoles au Conseil régional Occitanie), Alain Lafragette (responsable dossier zones défavorisées à la FRSEA), Alain Iches (président FDSEA82), Christian Cardona (président FDSEA32), Lilian Lasserre (président JA régional), Guillaume Darrouy (vice-président JA occitanie), Edouard Forestie (président JA82) et Paul Savignac (JA82).
Pendant ce temps, une ZAD a été mise en place au centre de Montauban, alors que les manifestants installaient des cabanes et créaient des panneaux symbolisant chaque commune en danger sur l’Occitanie. Dans le compte-rendu de la rencontre avec le Préfet, ce dernier semble avoir entendu notre message. Une nouvelle carte des zones défavorisées devrait nous être présentée en fin de journée (à l’heure où le journal est mis sous presse, cette carte n'a pas encore été proposée).
La journée s’est achevée avec un repas où les manifestants ont pu échanger dans un esprit de convivialité et de partage.
Pour autant, rien n’est gagné. Réponse vendredi 26 janvier au ministère...